DROIT AUTOMOBILE

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Maître Jean-Baptiste le Dall
  

 




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Invalidation du permis de conduire : le courrier 48SI
Alcoolémie délai d'attente de 30 minutes : jugement du 20 mars 2008 du Tribunal correctionnel de Niort
Disparition des courriers recommandés 48 S et 49, au profit d'un courrier recommandé unique le 48 SI
 Permis invalidé : le référé suspension
Fiabilité des radars : le rapport confidentiel du Secrétariat général de l’administration de la police que s’est procuré Autoplus
PV à la volée : des moyens de contester ?



A consulter également : 
Droit Routier, le site de notre partenaire Rémy Josseaume

 





 
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Jean-Baptiste le Dall, Avocat à la Cour, Docteur en Droit              vous défend en matière de perte du permis de conduire, retrait de points, suspension du permis de conduire, convocations devant le tribunal correctionnel, le tribunal de police, conduite sous l'empire d'un état alcoolique, en état d'ivresse manifeste, excès de vitesse, récidive d'alcoolémie, pv, accidents, vices cachés ...



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Le député Hervé Mariton, Rapporteur spécial du budget des Transports à l'Assemblée nationale, dépose aujourd'hui son rapport sur « les amendes radars et le financement de la politique de sécurité routière ».

 
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Bien plus que le simple problème de l'affectation du produit des radars, ce rapport dont on a pu consulter le projet porte, en réalité, sur la proposition de nouvelles mesures en terme de sécurité routière et de droit de la circulation.

 

On ne peut que regretter, à ce propos, que n'ait pas été réalisée une véritable concertation avant la publication de ce rapport. Aucun représentant des automobilistes n'a, par exemple, été consulté... Ce rapport n'est donc, en aucun cas, le fruit d'un consensus, et finalement ne fait que s'inscrire dans une pratique habituelle en la matière : l'absence de dialogue...

 

Parmi les propositions formulées par le Député Mariton, figurent bien évidemment des pistes intéressantes et que l'on ne peut qu'appeler de nos vœux, mais également des points qui demanderaient une réflexion plus approfondie et des propositions à écarter.

 

Les aspects positifs




 

La reconnaissance des dysfonctionnements en matière de contestation

 

Le Député reconnaît tout d'abord que le système est loin d'être parfait et pointe notamment du doigt les dysfonctionnements en matière de traitement des contestations. Et la première proposition apparaît, à ce titre, des plus intéressantes.

 

« Afin d'assurer la transparence nécessaire de l'action de l'État, y compris auprès des auteurs de recours ou de réclamation, une réponse systématique doit être faite aux demandes des contrevenants ».

 

Le Député propose, également, en matière de contestation d'une verbalisation par radar automatique (en l'absence de classement sans suite) « que l'auteur de la contestation soit désormais avisé de la transmission de sa contestation à un OMP local, ce qui n'est pas le cas actuellement. »

 

Toujours en matière de contestation, le député reconnaît que la consignation préalable fait aujourd'hui l'objet de vives critiques.

 

Mais point de proposition en la matière, la seule remarque concerne l'action qui est menée par l'Association 40 Millions d'Automobilistes - qui aurait pu, ne serait-ce, qu'à ce titre être consultée- : « Si la Cour de Justice des Communautés européennes devait déclarer illégale la consignation, alors le système actuel devrait être modifié. »

 

La reconnaissance des dysfonctionnements en matière d'information de l'automobiliste

 

« Du fait de l'engorgement du système de gestion des points, le délai d'envoi des retraits de points, auquel s'ajoute le délai d'acheminement des courriers, peut pénaliser le contrevenant. Ainsi, les avis de perte de 6 points peuvent ainsi arriver trop tard pour qu'un stage de récupération de points puisse éviter le retrait du permis »

 

Cette constatations reviennent à reconnaître que les carences de l'administration conduisent à une mise à néant du caractère pédagogique du permis à points. Comment peut on être amené à faire évoluer son comportement si l'on est pas informé de la perte progressive de ses points?

 

Si ce regret est exprimé par le député, il est toutefois dommage qu'aucune proposition tangible ne soit faite en la matière.

 

La fin de l'impunité des conducteurs étrangers avec un renforcement des accords bilatéraux

 

L'obligation d'allumer les feux de jour à tout moment

 

La mise en place d'une politique de limitation de vitesse cohérente

 

 

Des points à discuter

 





La création de commissions départementales de la Sécurité routière

 

Le député propose la création « dans chaque préfecture, d'une instance reprenant les avantages respectifs des assises et des commissions consultatives. Cette instance pourrait être une commission départementale de la sécurité routière réunissant les élus, les responsables des services de l'État et des collectivités territoriales, les associations d'usagers, les professionnels de la route et les médias locaux »

 

Cette instance serait notamment en charge de la réflexion sur les limitations de vitesse. Mais tant qu'à créer cette instance pourquoi ne pas lui conférer d'autres prérogatives. On pense surtout au retour des commissions de suspension de permis de conduire. Ces commissions qui permettaient aux automobilistes faisant l'objet de suspension provisoire de contester cette mesure ont été supprimées en 2004.

 

De fait aujourd'hui, les automobilistes en l'attente d'un procès n'ont pas d'autre choix que de subir la suspension administrative. Et nombreux sont les cas, où le tribunal procèdera à la relaxe de l'automobiliste poursuivi à tort. L'automobiliste aura donc été privé de son permis de conduire pour rien.

 

Le député n'a, sans doute, pas perçu ce problème et, au contraire, adopte une lecture fausse du système en vigueur :

 

« le système actuel génère, malgré lui, une prime au recours .Si le contrevenant s'en tient à la procédure administrative de retrait de permis une fois le crédit épuisé, aucune adaptation ne peut être réalisée à sa situation personnelle ou professionnelle. Au contraire, un recours devant le tribunal de police peut conduire à ce que le magistrat décide un aménagement de la date d'effectivité du retrait en fonction des impératifs professionnels voire familiaux du contrevenant. »

 

Évidement, cette analyse de la législation est inexacte : en aucun cas un contrevenant n'a le choix entre une procédure administrative et une procédure pénale... Et le juge pénal n'a en aucun cas de possibilité d'aménager la période de 6 mois pendant laquelle un automobiliste dont le permis a été invalidé ne peut repasser les épreuves...

 

 

L'arrivée de nouveaux radars

 

La politique prônée par le député va incontestablement dans le sens d'une multiplication des radars. Si les propositions visant à implanter des radars à l'approche des établissements scolaires sont, bien sûr, à retenir, le député opère hélas un raccourci assez déplaisant quant à la fiabilité des radars : « ces questions techniques sont désormais résolues ».

 

Le député plaide pour la mise en place de nouveaux dispositifs plus performants notamment pour les deux-roues et les camions.

 

On pourrait, à ce titre, s'inspirer de nos voisins suisses qui ont installé des radars capables de différencier les poids lourds des véhicules légers pour contrôler le respect des vitesses.

 

La mise en place d'un Procureur national pour la circulation routière

 

« Celui-ci aurait sous son autorité directe l'OMP du centre national de traitement de Rennes. »

 

L'idée n'est pas à écarter, mais l'arrivée d'un nouvel étage dans le millefeuille administratif ne va pas forcément s'accompagner d'améliorations... Tout dépendrait de ses prérogatives et des moyens qui lui seraient alloués.

 

En réalité, l'idée réellement novatrice qui n'a, évidemment, pas été évoquée dans ce rapport concernerait non pas le parquet mais le siège. La mise en place de tribunaux spécialisés en matière d'infractions routières qui auraient une compétence à la fois pénale et administrative (avec notamment la possibilité de moduler le nombre de points perdus) constituerait pour le coup une réelle avancée...

 


Des points à écarter

 






La disparition des panneaux de signalement des radars

 

Le député propose la mise en place d'une signalisation du type « portion de route de 10 km avec radar ».

 

Cette nouvelle signalisation pourrait éviter les comportements parfois dangereux des automobilistes qui freinent brusquement à l'approche des radars. Cette nouvelle signalisation pose, toutefois, le problème des changements incessants de limitations de vitesse. Ce type de panneau devrait être réservé exclusivement aux portions sur lesquelles la limitation de vitesse ne varie pas et s'accompagner de panneaux de rappel de la limitation de vitesse.

 

L'interdiction du téléphone au volant et du kit mains libres

 

Aucune étude, à ce jour, n'a véritablement mis en évidence les dangers de l'utilisation de ces dispositifs. La perturbation de l'automobiliste n'est pas plus importante que celle provoquée par une conversation avec un passager.

 

La mise en place de cette interdiction conduirait surtout à des dérives intolérables en terme de verbalisation. Les verbalisations abusives pour usage du téléphone au volant sont déjà aujourd'hui très nombreuses, et presque impossibles à remettre en question devant le juge. Qu'en sera-t-il demain ? Comment distinguer un automobiliste qui parle tout haut d'un utilisateur de kit mains libres...

 

06/05/2009

 

Jean-Baptiste le Dall,

Avocat à la Cour

 
A consulter : le projet de rapport


 

Le 7 mai sera débattue la question de l'opportunité de supprimer les retraits de points pour les excès de moins de 5 km/h.

 




Le 8 avril dernier la Commission des lois du Sénat n'avait pas retenu les disposition de cette proposition de loi du sénateur des Yvelines Nicolas About

 

Pour la Commission des lois "ces propositions seraient un mauvais signal envoyé à tous les conducteurs, au moment où les comportements évoluent durablement sur nos routes".


La question reviendra donc jeudi devant le Sénat avec cette position défavorable de la Commission des lois.

 

La situation de plus en plus difficile de nombreux automobilistes plaide, pourtant, évidemment en faveur ce ce type de proposition.

 

Ces petits excès de vitesse du style 131 pour 130 ne relèvent pas véritablement de comportements réellement dangereux en terme de sécurité routière. Or le système du permis à points a été instauré dans un but uniquement sécuritaire. Au moment de son adoption, les conditions de verbalisation n'avaient rien à voir avec celles que l'on connaît aujourd'hui.

 

L'idée de la suppression du retrait de point pour ces petits excès est, dès lors, loin d'être absurde.

 

C'est, d'ailleurs, ce qui a été très bien compris par d'autres pays qui ont mis en place un système de permis à points mais n'appliquent pas de perte de points pour les excès de vitesse les plus faibles.

 

En Espagne, le retrait de points ne s'applique qu'à partir d'un dépassement de vitesse de 30 km/h, seule une amende est prononcée à partir d'un excès de 10 km/h ;


En Allemagne, le retrait de points ne s'applique qu'à partir d'un excès de 20 km/h, seule une amende est prononcée à partir de 5 km/h ;


Au Luxembourg, le retrait de points ne s'applique qu'à partir d'un dépassement de 15/20/25 km/h selon le type de voies (agglomération/ hors agglomération/ autoroute)...

 

Cette tolérance en terme de retrait de points serait d'autant plus souhaitable que l'exactitude des mesures relevées par les cinémomètres demeure encore sujet à caution avec notamment les problèmes de respect du positionnement angulaire (voir rapport du SGAP publié par Autoplus en 2007).

 

Et la Cour de cassation qui a rappelé dans deux arrêts récents que la simple allégation de l'absence de preuve du respect de la procédure de positionnement ne suffisait pas à entraîner la nullité de la procédure n'a pas faciliter la tâche des automobilistes qui souhaitent contester la verbalisation.

 

La suppression du retrait de points pour ces très faibles excès de vitesse permettrait donc de s'assurer que la perte de points n'intervient que pour des excès de vitesse réels, en tout cas dans la plupart des cas...

 

Mais il ne faut pas se le cacher les chances de voir ce type de proposition prospérer s'avère des plus faibles.

 

En novembre 2007, une proposition similaire avait été formulée par Guy Tessier député UMP des Bouches-du-Rhône et n'avait pas abouti. A l'époque la position de la Commission des lois était la même et mettait déjà en garde contre « la puissance de l'effet signal en matière de sécurité routière. Le moindre signe de relâchement ou de durcissement se traduit dans les semaines ou les mois suivants par une évolution du nombre de tués ou de blessés. »

 
05/05/2009


Jean-Baptiste le Dall,

Avocat à la Cour



 

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